Définition de la violence conjugale

On parle de violence conjugale, ou de violence dans une relation intime, lorsque l’un des deux conjoints contrôle et manipule l’autre, entraînant ainsi un déséquilibre de pouvoir dans le couple. Il s’agit d’une prise de contrôle volontaire de la part du conjoint violent et non d’une perte de contrôle. La violence conjugale peut être présente dans tous les types de relation amoureuse ou  intime : couples de tous les âges, de toutes les cultures, de toutes les catégories socioprofessionnelles, mariés ou non, habitant ensemble ou non, etc. La violence conjugale est présente dans les relations hétérosexuelles ou chez les couples de même sexe, mais, compte tenu du déséquilibre de pouvoir dans la société en général, la majorité des victimes sont des femmes et la majorité des agresseurs sont des hommes. Pour rendre compte de cette réalité, on considère que la violence conjugale est une forme de violence faite aux femmes, au même titre que la violence à caractère sexuel.

Le conjoint violent se sert de ses liens avec la femme pour la placer dans une situation d’infériorité, d’insécurité, d’impuissance et de dépendance, qui limite sa capacité de mettre fin à la relation. La violence peut être psychologique, verbale, économique, spirituelle, sexuelle ou physique. Elle se traduit par de l’intimidation, des humiliations, des dénigrements, des menaces, du chantage, des insultes, des coups, des agressions sexuelles, des privations, du contrôle des fréquentations, de la surveillance, etc. Elle se produit par cycle ce qui a pour effet de placer la femme dans un climat constant de peur et d’alerte, peu importe où elle va ou ce qu’elle fait. Elle n’est plus libre d’agir ou de penser comme elle le souhaite. Elle est constamment sur ses gardes, modifie ses habitudes ou comportements et essaye de se soumettre à la volonté de son conjoint pour éviter un nouvel épisode de violence. Toutefois, comme le conjoint violent veut garder le contrôle et maintenir la relation inégalitaire, la violence continue.
8 formes de violence

  • La violence psychologique est toujours la première à se manifester et accompagne toutes les autres formes de violence. Elle est omniprésente. C’est grâce à cette forme de violence que le conjoint prend d’abord emprise sur sa partenaire. Elle est difficile à reconnaître, car elle peut être subtile. L’homme violent use d’intimidation, d’humiliation, de surveillance et d’insultes pour miner l’estime de soi de sa conjointe et mieux la contrôler. Au début, la violence psychologique peut sembler banale, mais à force d’accumulation et de répétition, la femme commence à douter et à intérioriser les critiques constantes de son conjoint. Elle vient à croire qu’elle n’est bonne à rien, qu’elle ne trouverait pas mieux et qu’elle est responsable de la violence qu’elle subit. Ainsi, elle est plus susceptible d’accepter les autres formes de violence qui peuvent suivre et de rester malgré tout.
  • La violence verbale se caractérise par l’usage fréquent, voire répétitif, de mots, d’injures, de cris ou même de silences. Souvent, les mots utilisés sont blessants ou méprisants. L’homme violent peut aussi manipuler la femme en prenant un ton faussement gentil. Il utilise la violence verbale dans le but de contrôler sa conjointe, de la menacer, de l’insulter, de l’intimider, de l’humilier et de la dénigrer.
  • La violence économique consiste à priver la femme d’argent ou à l’empêcher de répondre à ses besoins, comme l’alimentation, le logement, l’habillement ou les sorties. L’homme violent contrôle les finances du couple. De cette façon, il rend difficile pour la femme de le quitter puisqu’elle pense qu’elle n’arriverait pas à subvenir seule à ses besoins. Il peut par exemple l’empêcher de travailler ou la forcer à quitter son emploi. Si sa conjointe travaille, l’homme violent peut la priver de son salaire. Il peut également dépenser tout l’argent du couple ou contracter des dettes importantes en leur nom pour réaffirmer son contrôle économique sur sa partenaire.
  • La violence spirituelle consiste à empêcher une femme d’exprimer ses croyances religieuses ou spirituelles ou, au contraire, l’obliger à adhérer à des pratiques religieuses qui ne sont pas les siennes. Par exemple, l’homme violent peut lui interdire de fréquenter un lieu de culte ou la ridiculiser pour ses croyances religieuses, ses traditions ou sa culture. De cette façon, il l’isole de sa communauté religieuse ou spirituelle et des ressources qu’elle pourrait lui offrir.
  • La violence sexuelle comprend l’exploitation sexuelle, les attouchements, le viol et tout autre acte à caractère sexuel que la femme considère comme dégradant, humiliant ou douloureux. Ces actes sont commis sans son consentement. Ils peuvent être obtenus ou commis par la force, sous la menace, par l’intimidation, par des pressions ou par la manipulation. Bien que la violence sexuelle soit inscrite au Code criminel du Canada et que le viol conjugal soit reconnu comme un crime depuis 1983, c’est la forme de violence la moins dénoncée à la police à cause, entre autres, de la honte et du sentiment de culpabilité qu’ont les victimes.
  • La violence physique est la forme de violence la plus connue et parfois la plus visible parce qu’elle peut laisser des marques. Les actes de violence physique sont reconnus comme des actes criminels par le Code criminel du Canada. La violence physique se manifeste, entre autres, par des gifles, des coups de poing ou des coups de pied. Dans les cas les plus graves, elle peut mener au fémicide. L’homme peut également menacer sa conjointe d’être violent physiquement. Il peut aussi s’en prendre physiquement aux enfants, aux animaux domestiques ou aux biens matériels ou menacer de le faire.
  • La cyberviolence est un comportement répété, non sollicité et menaçant de la part d’une personne ou d’un groupe qui se sert des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) dans l’intention de terroriser, de harceler ou d’intimider une victime.
  • Le fémicide est la forme ultime de violence. Il s’agit de l’assassinat d’une femme.