À faire versus à ne pas faire

Bien qu’il existe certains points communs dans les cas de violence faite aux femmes, il ne faut jamais oublier que l’expérience de chaque femme est différente. Le groupe doit arriver à comprendre cette réalité et respecter le caractère unique de chaque expérience en parlant de la violence faite aux femmes d’une manière respectueuse et réfléchie. Lorsqu’on discute de ce sujet en groupe, il peut être utile de garder à l’esprit cette liste de choses « à faire » et « à ne pas faire » :

  • À FAIRE : faire comprendre au groupe que la réunion permet aux femmes qui le souhaitent de raconter leur histoire en toute sécurité – ne pas vous poser en interrogateur, être respectueux et ne pas minimiser les expériences vécues.
  • À FAIRE : respecter la décision d’une femme de révéler autant ou aussi peu de son histoire qu’elle le veut.
  • À FAIRE : lui demander si le groupe peut lui poser des questions – évaluer son niveau de confort lorsqu’elle s’adresse au groupe.
  • À FAIRE : discuter avec les femmes qui ont connu la violence pour savoir comment leur expérience peut aider à déterminer les activités du groupe.
  • À FAIRE : encourager tous les membres du groupe à respecter la nature confidentielle des histoires racontées et décider, en groupe, de quelle manière utiliser les expériences vécues par les femmes violentées en vue de promouvoir un changement dans la collectivité.
  • À FAIRE : se préparer à offrir un appui s’il devient trop pénible et bouleversant pour une femme de raconter son histoire.
  • À NE PAS FAIRE : faire des reproches à la femme violentée. Elle n’est jamais responsable de la violence.
  • À NE PAS FAIRE : lui proposer de raconter son histoire sans le lui avoir d’abord demandé en privé.
  • À NE PAS FAIRE : lui demander de parler au nom de toutes les femmes victimes de violence – respecter son histoire, qui n’appartient qu’à elle et n’est pas celle de toutes les femmes victimes de violence.
  • À NE PAS FAIRE : employer du jargon pour parler des hommes violents (les hommes qui battent leur femme) – dire plutôt : hommes violents, agresseurs ou auteurs de violence.
  • À NE PAS FAIRE : mettre en doute l’exactitude ou la véracité de l’histoire d’une femme. Le principal est qu’elle ait décidé de la raconter.
  • À NE PAS FAIRE : lui demander de faire ou la pousser à faire une démarche pour laquelle elle n’est pas prête (aller dans une maison d’hébergement ou contacter des services de soutien).

 

« Dans nos communautés rurales où tout le monde se connaît, le voisinage est au courant de ce qui se passe, mais n’ose pas dénoncer, à cause de l’amitié, le statut de la personne dans la communauté, etc. Les individus sentiront qu’ils et qu’elles ont le devoir d’en parler et de suggérer les ressources. »

Jeanne Françoise Mouè
Directrice générale
Centre Novas

« Lorsque les membres d’une collectivité décident vraiment de mettre fin à la violence faite aux femmes, cela contribue à la guérison de l’ensemble de la collectivité puisqu’il ne s’agit pas d’efforts isolés. Voilà tout l’objet de cette campagne. La violence familiale ne concerne pas seulement l’homme qui maltraite sa femme; dans les petites collectivités surtout, c’est un problème qui touche tous les membres de la collectivité. » [Traduction libre]

 

Terry Swan
Directrice de programme, Ontario Federation of Indian Friendship Centers
Membre du Comité d’experts de la campagne Neighbours, Friends and Families/ Voisin-es, ami-es et familles
Présidente du Comité d’experts de la campagne autochtone Neighbours, Friends and Families/Voisin-es, ami-es et familles

« La présentation de la campagne Voisin-es, ami-es et familles fut reçue dans notre communauté avec beaucoup d’émotion et a conscientisé les personnes présentes sur l’importance de s’impliquer dans la prévention de la violence qui est faite aux femmes. Une telle campagne nous incite à nous engager et à aider nos soeurs victimes de violence ».

 

Huguette Habel
Directrice générale
Réseau des femmes du Sud de l’Ontario