Vous préparer en tant que leader communautaire

La responsabilité des leaders ou animateurs et animatrices communautaires est d’aider à maintenir l’élan suscité par la campagne Voisin-es, ami-es et familles. Quand vous commencez à réfléchir à votre rôle et à la manière de commencer la mise en oeuvre de la campagne, vous devriez d’abord penser à l’ensemble de la situation.

Première étape : l’ensemble de la situation

Lors de la planification du lancement d’une campagne Voisines, ami-es et familles, évaluez d’abord les forces et les limites éventuelles de votre collectivité. Commencez par imaginer de quelle manière votre collectivité pourrait lancer une telle campagne en :

  • Déterminant les besoins spécifiques de votre collectivité (p. ex., y a-t-il eu récemment des cas de violence envers les femmes?). Réfléchissez à l’importance et à la pertinence de ce projet pour votre collectivité.
  • Déterminant quelles seraient les activités les mieux adaptées aux intérêts, aux compétences et aux ressources disponibles de votre collectivité (forum public, soirée de projection vidéo, collaboration avec les médias appropriés, etc.).
  • Communiquant avec les autres fournisseurs de services locaux, comme les maisons d’hébergement pour femmes violentées, afin d’évaluer leur intérêt à participer à la mise en place de la campagne et leur demander de vous fournir des brochures sur leurs services pour les distribuer.
  • Examinant les moyens de faire connaître vos efforts de promotion dans la collectivité – par le biais des bulletins de nouvelles communautaires existants, des réunions annuelles d’organismes communautaires (maisons d’hébergement pour femmes violentées et pour femmes autochtones, centres d’accueil autochtones, groupes de défense des droits, programmes d’intervention auprès des partenaires violents, etc.).
  • Tenant compte de la diversité de votre collectivité, notamment des besoins d’ordre culturel et linguistique et des moyens de promouvoir les différentes ressources de la campagne (matériel destiné aux Autochtones, documents en anglais, brochures et cartes de sécurité en d’autres langues, etc.).

Lorsque vous aurez réfléchi à la forme que pourrait prendre une campagne Voisin-es, ami-es et familles dans votre collectivité, vous serez prêt et prête à aborder l’étape suivante. L’une des composantes essentielles de la campagne Voisin-es, ami-es et familles consiste à former un groupe de membres de la collectivité qui échangeront des renseignements sur la violence faite aux femmes, apprendront à connaître les stratégies de prévention et les signes avertisseurs de la violence, et à mettre en place des réponses appropriées. Pour cette composante de la campagne, nous vous suggérons d’organiser des réunions communautaires.

Étape suivante : préparer les réunions communautaires

La réunion communautaire, quelle que soit sa structure, devrait avoir les objectifs suivants :

  • Réunir des voisin-es, des ami-es et des familles dans un climat de solidarité;
  • Les amener à faire connaissance ;
  • S’informer sur la violence faite aux femmes et sur la façon dont les collectivités peuvent agir pour la prévenir;
  • Créer un environnement favorable dans lequel les femmes et les hommes peuvent échanger leurs idées sur la prévention de la violence faite aux femmes;
  • Mettre en place un système de soutien pour que, lorsqu’une situation de violence envers une femme touchant une ou un membre de la collectivité, directement ou indirectement, les outils, les ressources et les mécanismes de soutien pour y faire face adéquatement soient disponibles.

Structure de la réunion communautaire

Voici un modèle de réunion communautaire :

1. Inviter – convier les membres de la collectivité à la réunion;

2. Informer – fournir de l’information sur la violence faite aux femmes;

3. Agir – élaborer un plan d’action visant à coordonner une activité ou un événement de sensibilisation;

4. Récapituler – présenter le thème principal de la prochaine réunion.

Inviter

Rejoindre les membres de la collectivité et les inviter à participer à la campagne Voisin-es, ami-es et familles. Voici quelques suggestions à ce sujet :

  • Adopter une approche aussi inclusive que possible. Des groupes tels que le personnel enseignant, les femmes et les hommes d’affaires locaux, le personnel infirmier, les personnes âgées, le corps policier, les jeunes, et les personnes qui défendent la cause des femmes possèdent des expériences et des connaissances variées qui peuvent vous aider à organiser votre campagne de prévention de la violence faite aux femmes.
  • Communiquer avec les membres de votre collectivité qui ont une expertise de la problématique.
  • Déterminer la taille idéale de votre groupe communautaire. Il est parfois bon de commencer par former un petit groupe pour ensuite l’élargir. Une autre possibilité est de constituer un large groupe et de créer des sous-comités chargés de thèmes et d’activités précises.

Il est très important que ce type de processus reste inclusif.

Réseau : Repérer des groupes communautaires existants qui pourraient s’intéresser à vos efforts de prévention de la violence faite aux femmes. Essayer par exemple, de vous renseigner sur d’autres groupes qui travaillent déjà sur ce sujet (groupes de surveillance de quartier, Parents-Secours, conseils scolaires, organismes de santé publique, Club Rotary, etc.). Songer à inviter des membres de ces groupes à se joindre à vous lors d’une réunion organisée pour mettre sur pied une campagne Voisin-es, ami-es et familles.

Connaître les intervenant-es : Repérer d’autres fournisseurs de services susceptibles d’offrir des renseignements et de proposer des stratégies de prévention de la violence faite aux femmes. Parcourir le bottin téléphonique local pour trouver ces adresses. Quand vous communiquerez avec ces fournisseurs de services, être prêts à leur expliquer le but de la campagne Voisin-es, ami-es et familles ainsi que ce que vous attendez d’eux (évaluer leur intérêt à l’idée de se joindre à votre groupe, de prendre la parole à un forum, de fournir des informations sur les ressources, etc.).

Nous vous suggérons notamment de communiquer avec les organismes et services suivants qui offrent des services en français (SEF) :

  • Maisons d’hébergement pour femmes violentées
  • Services de police
  • Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS)
  • Services de santé publique
  • Sociétés d’aide à l’enfance ou tout autre service local de protection de l’enfance
  • Services aux enfants et aux familles autochtones, ou unité du service local de protection des enfants autochtones
  • Programmes d’intervention auprès des partenaires violents
  • Comités locaux et/ou régionaux de coordination pour mettre fin à la violence familiale et à la violence faite aux femmes
  • Centres pour Autochtones
  • Services d’accueil et d’interprétation pour les immigrant-es
  • Maisons d’hébergement pour les Autochtones
  • Équipes de recherche et personnel enseignant spécialisés dans la violence faite aux femmes
  • Programmes d’aide aux victimes et aux témoins
  • Services d’orientation et d’aide immédiate aux victimes

Encourager la participation : Décrire en détail l’impact positif que peut avoir la participation à la campagne Voisines, ami-es et familles sur 1) la collectivité et 2) les victimes de la violence faite aux femmes. Le but est d’améliorer la sécurité des femmes et des enfants et de tenir les agresseurs responsables de leurs actes.

Informer

Nous vous recommandons de préparer une série de sujets de discussion pour les réunions et les activités qui correspondent le mieux au style, aux compétences et aux besoins de la collectivité. Utiliser les renseignements contenus dans la partie Sensibilisationpour rédiger une liste de sujets ou de questions à soumettre au groupe aux fins de discussion. Cette partie de la réunion vous donne l’occasion de fournir des renseignements précis et permet aux membres de la collectivité de poser des questions.

Voici quelques propositions de sujets à discuter en réunion :

  • Qu’est-ce que la violence faite aux femmes?
  • Quelles sont les différentes formes de violence faite aux femmes?
  • Quels sont les signes avertisseurs de violence faite aux femmes?
  • Qu’est-ce qu’un plan de sécurité?
  • Les enfants exposés à la violence faite aux femmes en sont-ils affectés?
  • Comment les voisin-es, les ami-es et les familles peuvent-ils les aider?

Agir

Une autre partie importance de la réunion communautaire consiste à planifier une activité qui permet aux membres de la collectivité de travailler ensemble à la prévention de la violence faite aux femmes.

Par exemple, si la discussion de la réunion porte sur les différentes formes de violence faite aux femmes, on pourrait choisir comme activité pertinente la projection d’une vidéo illustrant les différentes formes de violence, suivie d’une discussion dirigée par un animateur ou une animatrice. La partie Activités éducatives de la trousse propose quelques activités spécifiques et du matériel d’appui.

Récapituler

La dernière partie de la réunion vous donne la possibilité de discuter des sujets à aborder lors des prochaines réunions. Vous pourriez également amener les participants et participantes à décider avec vous des points suivants :

  • Un calendrier des réunions, en précisant l’heure et le lieu;
  • La durée des réunions;
  • Les règles à suivre, comme l’emploi d’un vocabulaire inclusif et le respect de toutes les opinions;
  • Le processus de prise de décisions (consensus, majorité, etc.).

Suggestions pour la tenue de réunions communautaires

Il est parfois difficile de faire face à un groupe de personnes qui ont des opinions, des suggestions et des attentes différentes quant aux objectifs que devrait viser une campagne Voisin-es, ami-es et familles dans leur collectivité. On peut surmonter certains défis en gardant à l’esprit cette liste de choses « à faire » et « à ne pas faire » :

  • À FAIRE : proposer au groupe des règles de conduite à adopter lors de chaque réunion : respect, confidentialité, non jugement, etc.
  • À FAIRE : proposer un thème de discussion pour chaque réunion.
  • À FAIRE : établir clairement un point de départ et une conclusion à chaque réunion, et discuter du temps à consacrer à chaque point de l’ordre du jour.
  • À FAIRE : respecter chaque membre du groupe en employant un vocabulaire inclusif et en considérant tous les points de vue et les idées.
  • À FAIRE : veiller à ce que chaque membre du groupe puisse s’exprimer.
  • À NE PAS FAIRE : accepter des paroles ou des actes humiliants, réprobateurs ou irrespectueux; le cas échéant, décider en groupe des mesures à prendre.
  • À NE PAS FAIRE : agir en tant que thérapeute ou conseiller. Certes, le groupe devrait toujours offrir un appui et des encouragements à ses membres, mais doit fournir des renseignements et orienter vers une ressource adéquate si nécessaire.
  • À NE PAS FAIRE : avoir peur de dire « Je ne sais pas ». Proposer plutôt d’obtenir l’information requise et de la fournir ultérieurement.