La violence et son impact sur la réalité

Bien des gens ne se sentent pas concernés par la violence faite aux femmes. Pourtant, la violence que subissent les femmes a un impact sur la société dans son ensemble. On n’a qu’à penser aux coûts liés aux tribunaux, aux soins médicaux, aux services sociaux qui sont engendrés par les actes de violence envers les femmes. D’autre part, de nombreuses femmes ne se sentent pas en sécurité, ou doivent parfois quitter des emplois à cause du harcèlement qu’elles y vivent, avec toutes les conséquences que ces situations entraînent. Cela nous permet de comprendre qu’il est dans l’intérêt de tous et toutes de mettre fin à la violence contre les femmes.

Lorsque les ami-es, les voisin-es et la famille apprennent à reconnaître les signes de la violence et qu’ils sont aptes à intervenir, c’est toute la collectivité qui peut en bénéficier. Cette mobilisation aide à prévenir des blessures et même des meurtres commis par des hommes violents, dont trop de femmes et d’enfants sont encore victimes. Chaque année en Ontario, environ 25 femmes sont tuées par leur partenaire ou l’un de leurs proches.

En avril 2006, dans l’Est ontarien, une famille entière a été tuée à cause de la violence d’un homme. Francine Mailly et ses trois enfants, Jessica, Brandon et Kevin, ont été abattus par le père des enfants qui a ensuite mis le feu à sa résidence. Les membres de la famille de Francine Mailly ont voulu partager leur histoire, afin de venir en aide à d’autres femmes. C’est à travers la reconstitution des événements qui ont mené aux meurtres, que l’on constate l’importance de pouvoir déceler les signes avertisseurs et les facteurs de risque de la violence. Voici leurs témoignages, tirés de la vidéo «Être là pour l’autre», produite par Action ontarienne contre la violence faite aux femmes.

« Les premières fois, on s’en rendait moins compte car on le voyait pas souvent. Quand il arrivait, il débarquait Francine et elle passait quelques heures avec nous autres et quand il revenait, il criait après elle, et elle sautait sur ses sacs ou sa sacoche ou n’importe quoi qu’elle avait et partait. Souvent, elle n’avait pas le temps de dire bye parce qu’il était pressé. »
Lorraine S., soeur de Francine Mailly

« Elle ne s’est jamais plaint ! Elle nous le cachait pour que la famille ne se monte pas contre lui. »
Alain L., beau-frère de Francine M.

Ce n’est seulement qu’après la tragédie que sa famille, ses collègues et ses ami-es se sont aperçu que chacun et chacune savait quelque chose au sujet de la violence que lui infligeait son mari. Ils se sont alors rendu compte que la situation qu’elle vivait était beaucoup plus grave qu’ils ne le soupçonnaient.

« Quand on a mis le puzzle ensemble, tous les morceaux étaient là. Quand on a rencontré les gens de la garderie, quand on a rencontré les gens du travail, il y avait tellement d’affaires qu’on ne savait pas… »
Alain L., beau-frère de Francine M.

C’est pourquoi nous vous invitons à participer activement à cette campagne, afin d’apprendre à reconnaître les signes avertisseurs et les facteurs de risque, et peut-être prévenir d’autres tragédies comme celle qu’a vécue la famille Mailly. En tant que voisin-es, ami-es et membres de nos familles, outillons-nous tous et toutes afin d’aider une ou des femmes victimes de violence dans notre collectivité.

« C’est trop tard pour nous autres, pour Francine mais, on va aider les autres femmes dans des situations comme ça. Autant les femmes que les enfants. »
Lorraine S., soeur de Francine M.

La Campagne Voisin-es, ami-es et familles est une initiative financée par le gouvernement de l’Ontario pour sensibiliser et outiller les collectivités à mieux comprendre la violence faite aux femmes et à la prévenir. Depuis 2007, Action ontarienne contre la violence faite aux femmes mène au niveau provincial, le volet francophone de cette campagne.

« C’est la première fois que la communauté francophone dispose de ressources qui lui sont propres afin de mener à l’échelle provinciale une campagne de sensibilisation et de prévention de la violence faite aux femmes, en collaboration avec les services directs qui existent dans les communautés. Nous croyons que la campagne Voisin-es, ami-es et familles aidera à faire connaître les signes avertisseurs de la violence faite aux femmes et à soutenir les proches d’une femme violentée dans leur compréhension de la violence. AOcVF et ses partenaires souhaitent ardemment que cesse la violence faite aux femmes et toutes ses conséquences sur les femmes, leurs enfants et leurs proches. Ce n’est qu’à travers la sensibilisation et l’action que les attitudes et les comportements vont changer, et c’est le but de cette campagne. Nous espérons qu’à l’aide de ces outils, vous aussi vous deviendrez des partenaires dans l’élimination de la violence faite aux femmes. »Ghislaine Sirois,
Directrice générale
Action ontarienne contre la violence faite aux femmes