À propos des stratégies de prévention

L’un des aspects de la sensibilisation au problème de la violence faite aux femmes est celui de faire des recommandations sur la meilleure façon de réagir aux signes avertisseurs de violence. Suggérer des stratégies adaptées et apprendre aux membres de la collectivité à aborder de façon sécuritaire leurs voisin-es, leurs ami-es et leurs familles sont des composantes majeures de la campagne.

Vous trouverez ci-dessous quatre stratégies présentées sous forme de questions et de réponses. Vous pouvez poser ces questions à votre groupe, susciter une brève discussion et compléter leurs connaissances le cas échéant, en vous reportant à l’information fournie dans la stratégie.

Voici les quatre stratégies :

1. Comment parler aux femmes victimes de violence ou qui risquent de le devenir.

2. Comment aborder les hommes violents tout en s’assurant que ce soit sécuritaire d’intervenir.

3. Comment repérer les enfants qui ont été exposés à la violence faite aux femmes.

4. Comment parler à une collègue qui est peut-être victime de violence.

Chaque stratégie comporte :

1. Des documents à distribuer et/ou du matériel de promotion qui sont complémentaires à une stratégie particulière.

2. Les résultats démontrés de l’apprentissage d’une stratégie particulière.

La discussion de ces sujets lors d’une réunion communautaire nécessitera probablement d’y consacrer l’intégralité du temps prévu pour la réunion.

Comment parler aux femmes victimes de violence ou qui risquent de le devenir

Documents à distribuer et matériel de promotion complémentaire :

    • Brochures
  • Planification de la sécurité pour les femmes victimes de violence
  • Comment identifier et aider les femmes qui risquent de devenir victimes de violence
    • Livret
  • Comprendre la violence faite aux femmes
    • Cartes de sécurité
  • Suggestions pour la planification de la sécurité à l’intention des femmes victimes de violence
  • Signes avertisseurs permettant d’identifier et d’aider
  • les femmes qui risquent de devenir victimes de violence
  • Affiche
  • Signet

Résultats de cette stratégie :

  • Meilleure connaissance des signes avertisseurs.
  • Aptitude à localiser les ressources et les fournisseurs de services locaux.

Q. Comment parler à une femme que vous soupçonnez d’être victime de violence?

R. Beaucoup de gens hésitent à parler à une femme qu’ils soupçonnent d’être victime de violence parce qu’ils ne savent ni quoi dire, ni comment le dire. Toujours garder à l’esprit que n’importe quelle femme peut être victime de violence.

Vous hésitez à intervenir pour diverses raisons. Par exemple, vous pensez peut-être que la violence faite aux femmes est une affaire personnelle; ce qui se passe derrière des portes closes ne vous regarde pas; ou encore, la femme vous parlerait d’elle-même si elle avait besoin d’aide. Mais nombre de femmes ont du mal à parler de leur situation, en particulier si elles ont déjà demandé de l’aide et ont été accusées d’être à l’origine de la violence. La plupart des femmes violentées qui se voient offrir de l’aide en sont profondément reconnaissantes, même si elles ne le disent pas toujours. Pour beaucoup d’entre elles, il faut énormément de temps, de planification, de soutien et de courage pour fuir la violence. En attendant, il est important que ces femmes sachent qu’elles peuvent compter sur l’aide de personnes qui les connaissent et s’intéressent à elles et à leur situation. Le simple fait de savoir que quelqu’un lui propose son appui peut encourager une femme à agir.

Rappelez-vous que vous n’avez pas besoin d’être un ou une experte en la matière ni d’assumer un rôle de conseiller ou conseillère. Il existe dans votre collectivité des spécialistes, des intervenantes et des professionnels qui fournissent les services et de l’aide appropriés. Ce que vous pouvez faire pour aider une femme victime de violence, c’est être solidaire et la renseigner sur les services et les personnes qui peuvent l’aider. Si vous connaissez une femme victime de violence de la part de son partenaire, vous pouvez intervenir de multiples façons et faire toute la différence. Pour obtenir des informations à ce sujet, appelez la ligne francophone de soutienFemaide au 1 877 336-2433, ATS 1 866 860-7082.

Q. Comment savoir s’il y a un problème?

R. Votre amie a peut-être des blessures fréquentes qu’elle n’explique pas, ou qu’elle explique sans vous convaincre. Son enfant est peut-être souvent triste et renfermé, et ne veut pas en parler. Elle annule régulièrement des rendez-vous ou semble avoir peur de provoquer la colère de son partenaire. Souvenez-vous que la violence faite aux femmes est un crime fondé sur le genre : dans la relation, l’homme exerce son emprise sur la femme de manière physique, psychologique ou financière, ou par tout autre comportement contrôlant. La violence faite aux femmes peut se produire dans toutes les formes de relations : entre personnes qui sont mariées, qui vivent ensemble ou qui se fréquentent, entre personnes divorcées ou séparées, ou entre personnes de même sexe. Voir la liste complète des signes avertisseurs et des facteurs de risque dans la brochure intitulée Comment identifier et aider les femmes qui risquent de devenir victimes de violence.

Q. Que pourriez-vous faire?

R. Voici quelques suggestions pour aider une femme lorsque vous reconnaissez les signes avertisseurs de violence :

  • Lui parler de ce que vous avez constaté et exprimer votre inquiétude. Si elle parle de la situation de violence, lui dire que vous la croyez et que ce n’est pas de sa faute.
  • Lui suggérer de ne pas dire à son partenaire si elle a l’intention de le quitter. Sa sécurité est une priorité.
  • Lui proposer de garder ses enfants pendant qu’elle obtient de l’aide.
  • Lui offrir votre maison comme refuge pour elle, ses enfants et ses animaux domestiques. Si vous le faites, ne pas laisser son partenaire entrer chez vous.
  • L’encourager à préparer un petit sac contenant des articles importants et le garder chez vous au cas où elle en aurait besoin.
  • Savoir que vous – ou elle – pouvez appeler la ligne Femaide, la maison d’hébergement locale ou, en cas d’urgence, la police.
  • Lui donner des documents sur les moyens de se protéger. La brochure Comment identifier et aider les femmes qui risquent de devenir victimes de violence peut lui être utile.
  • Si vous souhaitez obtenir des informations supplémentaires sur une situation particulière, communiquez avec la ligne Femaide, une maison d’hébergement pour femmes ou un programme d’aide et de soutien aux victimes de violence. Ces ressources pourront vous aider, et peut-être, pourraient même vous proposer de vous impliquer davantage en tant que bénévole qualifié-e pour aider d’autres femmes de la collectivité.

Q. Et si elle nie la violence?

R. Il se peut qu’une femme ne se sente pas suffisamment prête, à l’aise ou en sécurité pour parler des mauvais traitements dont elle est victime. Si elle nie la violence :

  • Lui dire qu’elle peut venir vous parler n’importe quand.
  • Ne pas vous mettre en colère et ne pas vous sentir frustré-e par sa décision. Il est important de comprendre qu’elle risque d’avoir peur d’agir ou de ne pas être prête à le faire. Il est important de respecter ses choix.
  • Essayer de comprendre pourquoi elle peut avoir du mal à demander de l’aide. Elle a peut-être honte.
  • Lui donner le numéro de la ligne Femaide et lui dire qu’elle peut appeler en toute confidentialité si elle veut parler à quelqu’un.
  • Lui offrir de l’accompagner si elle a besoin de renseignements ou de soutien supplémentaires.
  • Si elle a des enfants, lui expliquer calmement que sa sécurité et celle de ses enfants et leur bien-être vous tiennent à coeur. Il est possible qu’elle admette plus facilement la situation si elle se rend compte que ses enfants risquent aussi d’être en danger.

Q. Que faire si elle décide de poursuivre sa relation?

R. Vous souvenir que ce n’est pas votre rôle d’encourager une femme victime de violence à quitter son foyer. Il est parfois frustrant de voir une amie ou une collègue revenir vers un partenaire violent. Il faut comprendre les nombreuses raisons qui peuvent conduire à une telle décision. Mettre un terme à une relation prend du temps; dans le cas d’une relation violente, c’est souvent plus difficile encore. Dans de nombreux cas, la victime craint pour sa vie. Elle peut aussi désirer que ses enfants grandissent avec leurs deux parents. Elle peut se sentir coupable et croire l’agresseur quand il l’accuse de provoquer la violence. Parfois, son estime de soi a été atteinte par les mauvais traitements au point qu’elle ne se croit pas capable de s’en sortir seule; elle peut souhaiter la fin des actes de violence, et non la fin de la relation. Elle peut encore, pour des raisons financières, penser qu’elle doit rester : elle peut craindre de ne pas pouvoir subvenir toute seule à ses besoins et à ceux de ses enfants. Son partenaire menace peut-être de ne pas verser de pension alimentaire pour les enfants.

Quelles que soient les raisons qui poussent une femme victime de violence à poursuivre sa relation, vous pouvez l’aider de plusieurs façons. Voici comment :

  • Lui suggérer de noter tout ce qui lui arrive et de conserver toute preuve de menace, orale ou écrite et, de garder ce document dans un endroit sûr, hors du foyer.
  • Localiser les services qui peuvent l’aider à assurer sa sécurité, lui en faire part et lui apporter un soutien moral.
  • Lui suggérer de parler de la violence dont elle est victime à son médecin ou à son infirmier ou infirmière et de demander que les actes de violence soient documentés et les blessures, photographiées. Ces dossiers lui seront utiles si elle décide un jour d’engager une procédure judiciaire.
  • L’encourager à appeler Femaide, la ligne de soutien francophone, pour obtenir des informations sur la préparation d’un plan de sécurité et des renseignements sur les possibles recours judiciaires. Si elle admet qu’elle est harcelée par l’agresseur, l’encourager à appeler la police locale ou lui proposer d’appeler vous-même la police, si elle le désire. Le harcèlement est interdit par la loi.

De nombreuses femmes décident de rester à cause de leurs enfants. Il est important d’encourager une femme à inclure ses enfants dans son plan de sécurité. Aborder la question de la sécurité des enfants s’ils restent à la maison. Mais sachez que c’est en général un sujet délicat et difficile pour les femmes.

Q. Que faire si elle décide de partir?

R. Si elle décide de mettre un terme à sa relation, elle aura peut-être besoin d’aide pour trouver une maison d’hébergement, de l’argent, un endroit pour entreposer ses biens ou un programme de soutien aux femmes victimes de violence.

C’est à vous de décider dans quelle mesure vous vous sentez disposé-e à la soutenir. La priorité est de l’aider à établir un plan de sécurité, ce qui peut impliquer de conserver son argent et des documents importants en lieu sûr et de planifier son départ. La ligneFemaide, les programmes de soutien et les maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence peuvent vous informer.

Comment aborder les hommes violents au sujet de leur comportement, tout en s’assurant que ce soit sécuritaire d’intervenir

Documents à distribuer et matériel de promotion pertinents :

    • Brochure
  • Comment parler aux hommes violents
    • Livret
  • Comprendre la violence faite aux femmes
    • Carte de sécurité
  • Signes avertisseurs permettant d’identifier et d’aider les femmes qui risquent de devenir victimes de violence
  • Affiche
  • Signet

Résultats de cette stratégie :

  • Meilleure connaissance des signes avertisseurs.
  • Meilleure connaissance de la façon de parler aux hommes violents tout en s’assurant que ce soit sécuritaire d’intervenir.
  • Aptitude à localiser les ressources et les fournisseurs de services locaux.

Q. Comment puis-je parler à un homme de son comportement violent tout en m’assurant que ce soit sécuritaire d’intervenir?

R. Il arrive que les personnes proches d’un homme violent banalisent ou minimisent son comportement et ne pensent qu’à aider la femme violentée. Dans d’autres cas, les proches éprouvent au contraire de la sympathie envers l’homme violent, ce qui peut involontairement encourager l’escalade de sa violence. L’un des aspects de la prévention de la violence faite aux femmes est de faire comprendre aux hommes violents que leur comportement est inacceptable, mais il faut le faire avec prudence en s’assurant que ce soit sécuritaire d’intervenir.

Parler à un homme violent peut vous paraître difficile et pénible. Toutefois, si vous connaissez un homme violent et vous vous inquiétez de la sécurité de sa partenaire ou de ses enfants, il existe différentes façons de créer des occasions de lui parler et d’offrir un appui à sa famille tout en ayant conscience des risques éventuels. (Lire la brochure Comment parler aux hommes violents, pour en savoir plus.) Mais n’oubliez pas qu’un homme violent ne changera pas de comportement tout seul. Il est important de l’encourager à obtenir de l’aide.

Avant de parler à un homme violent, vous devez songer à votre sécurité personnelle, ainsi qu’aux répercussions que votre discussion pourrait avoir sur la sécurité de sa partenaire et de ses enfants (p. ex., représailles, plus d’isolement, etc.). Si vous avez le moindre doute, vous pouvez demander à une personne qui défend les droits des femmes de vous aider à planifier votre conversation avec cet homme. Vous pouvez obtenir la liste des ressources de votre région en appelant la ligne Femaide.

IMPORTANT : Ne jamais intervenir au cours d’une agression. Si vous êtes témoin d’un acte de violence, composez le 911 ou appelez la police locale.

Après avoir reconnu les signes avertisseurs de violence, penser aux suggestions suivantes avant d’aborder l’agresseur :

  • Choisir le bon moment et le bon endroit pour avoir une longue conversation.
  • Discuter avec lui quand il est calme.
  • Être direct-e et clair-e sur ce que vous avez constaté.
  • Lui dire qu’il est responsable de son comportement. Éviter de porter des jugements sur lui en tant que personne. Ne pas valider sa tentative de rejeter le blâme sur d’autres personnes.
  • Lui dire que la violence est inacceptable et qu’il doit mettre fin à cette violence.
  • Ne pas le forcer à changer ou à obtenir de l’aide, mais l’encourager à le faire.
  • Lui dire que la sécurité de sa partenaire et des enfants vous préoccupe.
  • Ne jamais vous disputer avec lui à propos de son comportement violent. Les méthodes de confrontation et d’argumentation risquent d’aggraver la situation et de faire courir davantage de risques à la femme.
  • Appeler la police si la sécurité de la femme est en danger.

Q. S’il reconnaît son comportement violent, que puis-je faire?

R. Lui demander comment il en est arrivé à recourir à la violence et aux abus. Lui dire que vous le croyez capable de changer s’il le souhaite vraiment et que vous appuierez ses efforts. Chaque fois que vous parlez à quelqu’un de violence, ne pas oublier de parler du lien étroit entre ses façons de penser et ses comportements vis-à-vis des femmes et des hommes, et comment ces idées peuvent le conduire à des comportements violents envers les femmes. Si l’homme admet qu’il est violent envers sa partenaire actuelle, lui suggérer de s’adresser à des services de soutien qui peuvent l’aider (comme le programme d’intervention auprès des partenaires violents, s’il en existe un dans votre localité).

Il est important d’éviter de justifier ou d’excuser un comportement violent. Ne jamais montrer la moindre tolérance ou la moindre solidarité à l’égard de la violence faite aux femmes. Encourager l’agresseur à assumer ses responsabilités et à mettre fin à son comportement violent. Essayer aussi de l’aider à comparer les avantages et les inconvénients des relations violentes et des relations saines.

Vous rappeler que vous n’avez pas besoin d’être un ou une experte en la matière ni d’assumer un rôle de conseiller ou conseillère. Il existe dans votre collectivité des spécialistes, des intervenantes et des professionnels qui fournissent les services et de l’aide appropriés. Ce que vous pouvez faire pour aider un homme violent, c’est le renseigner sur les services et les personnes qui peuvent l’aider. Pour obtenir une liste des Programmes d’intervention auprès des partenaires violents, vous pouvez appeler la ligne francophoneFemaide au 1 877 336-2433, ATS 1 866 860-7082.

Q. Et s’il nie ses actes de violence et refuse d’en parler?

R. Minimiser, nier et blâmer sont des tactiques courantes utilisées par les hommes violents qui ont l’habitude de rejeter sur les autres la responsabilité de leur comportement agressif. Ils ont tendance à minimiser l’importance ou à nier la réalité de leurs actes, à déclarer qu’ils ne font rien de mal ou à reporter la responsabilité de leur violence sur la victime. En parlant avec un homme violent, vous vous heurterez probablement à une résistance de sa part. Afin d’être préparé-e à discuter de son comportement, vous devez savoir qu’il niera sans doute son comportement violent de manière à refuser la responsabilité de ses actes.

Cette résistance ne signifie pas que votre conversation n’aura servi à rien. Au moins, il sait désormais que d’autres personnes considèrent son comportement comme violent et inacceptable. Maintenant que vous avez abordé le sujet, il décidera peut-être plus tard de reparler de violence avec vous. On ne fait pas comprendre à quelqu’un en une seule fois les questions liées à l’égalité des sexes et à des relations saines. Il s’agit d’un effort continu d’échanges d’information et d’idées.

Lui faire comprendre qu’il n’est pas seul et que vous êtes là pour l’aider. Essayer de l’aider à reconnaître les comportements violents et le contrôle qu’il exerce. Par exemple, tout effort pour empêcher sa partenaire de faire ce qu’elle veut (comme travailler à l’extérieur ou rencontrer une personne qui lui est chère) est une forme de violence. Mettre l’emphase sur les avantages d’aller chercher de l’aide et de trouver des stratégies saines pour résoudre les conflits. Vous préparer à l’aider à trouver des services de soutien.

Voici quelques suggestions si l’homme nie ses actes de violence :

  • Continuer d’axer votre conversation sur le fait que la sécurité et le bien-être de sa famille vous préoccupent et lui rappeler que la violence n’est jamais une solution.
  • Garder les voies de communication ouvertes et chercher des occasions de l’aider à trouver du soutien.

Comment repérer les enfants qui ont été exposés à la violence faite aux femmes

Documents à distribuer et matériel de promotion pertinents :

    • Livret
  • Comprendre la violence faite aux femmes
    • Cartes de sécurité
  • Suggestions pour la planification de la sécurité à l’intention des femmes victimes de violence
  • Signes avertisseurs permettant d’identifier et d’aider les femmes qui risquent de devenir victimes de violence
  • Affiche
  • Signet

Résultats de cette stratégie :

  • Meilleure connaissance de l’impact de la violence faite aux femmes sur les enfants.
  • Aptitude à localiser les ressources et les fournisseurs de services locaux.

Q. Comment savoir si un enfant est exposé à la violence faite aux femmes?

R. Les enfants ne parleront pas nécessairement de la violence dont ils ont été témoins, mais on peut reconnaître quelques signes avertisseurs. Bien que les enfants soient en général dotés d’une grande capacité de résilience, et que certains ne montrent que peu d’effets négatifs à court ou à long terme après ce type d’expériences, tous les enfants qui sont exposés à la violence faite aux femmes courent des risques plus élevés de subir par la suite des actes de violence ou de mauvais traitements.

Les signes avertisseurs suivants peuvent indiquer qu’un enfant a été exposé à la violence faite aux femmes :

  • Troubles physiques (maux de tête ou d’estomac)
  • Fatigue
  • Crainte constante d’un éventuel danger et/ou inquiétude pour la sécurité de ses proches
  • Tristesse et/ou éloignement des autres et des activités
  • Faible estime de soi et manque d’assurance, en particulier quand il s’agit de commencer de nouvelles activités (y compris les devoirs scolaires)
  • Manque d’attention en classe, difficultés à se concentrer sur le travail et à apprendre
  • Crises de colère dirigée contre d’autres adultes, d’autres enfants ou soi-même
  • Intimidation et/ou agressivité dirigée contre d’autres enfants et les frères et soeurs
  • Croyance en des stéréotypes : les hommes sont des agresseurs et les femmes des victimes.

Les enfants plus âgés peuvent manifester les signes suivants :

  • Idées et actes suicidaires
  • Comportement à haut risque, y compris des actes criminels ou un abus d’alcool ou de drogues
  • Absentéisme à l’école ou fugues
  • Violence dans les fréquentations

Q. Quels sont les effets possibles de la violence faite aux femmes sur les enfants qui en sont témoins?

R. Voir ou entendre sa mère subir la violence de son partenaire, ou apprendre ce qui s’est passé par la suite, menace le sentiment de stabilité et de sécurité des jeunes.

Les conséquences possibles sur les enfants et les adolescents et adolescentes, incluent entre autres :

  • L’augmentation des troubles affectifs et comportementaux.
  • Des réactions de stress post-traumatique (souvenirs récurrents (flashback), cauchemars, sursauts au moindre bruit, crainte permanente d’un éventuel danger, etc.).
  • Risques accrus de blessures physiques ou de mauvais traitements (violence physique ou psychologique). L’agresseur peut se servir des enfants et des adolescent-es comme stratégie pour contrôler ses victimes adultes. Il peut par exemple :
  • prétendre que la mauvaise conduite des enfants est la raison de sa violence envers leur mère;
  • menacer, en présence de la victime, de recourir à la violence envers les enfants et leurs animaux domestiques;
  • garder les enfants en otages ou les enlever en vue de punir leur mère ou d’obtenir son obéissance;
  • leur parler de leur mère en la dénigrant.

Les enfants et les adolescents et adolescentes peuvent avoir des sentiments très ambigus à l’égard de leur parent violent. L’affection peut coexister avec le ressentiment et la déception.

  • Les jeunes peuvent imiter, apprendre et adopter les attitudes et les comportements de violence à l’égard des femmes dont ils sont témoins. En conséquence, il leur arrive de recourir à la violence et aux menaces pour obtenir ce qu’ils désirent, et de croire qu’on ne risque rien en faisant du mal aux autres, que les hommes sont les maîtres et peuvent diriger la vie des femmes, et que ces dernières n’ont pas le droit d’être traitées avec respect.
  • Le fait d’être exposés à la violence peut endurcir les enfants et les adolescents face à un comportement agressif. Lorsque c’est le cas, la violence finit par devenir « normale » et ne leur apparaît plus comme un signe inquiétant.

Q. Si j’ai la possibilité de parler en toute sécurité à une mère, de son enfant ou de ses enfants, quel message dois-je lui transmettre?

R. Le principal message à transmettre à une mère consiste à lui exprimer votre préoccupation à l’égard de sa sécurité et de celle des enfants. Vous assurer de ne pas lui faire de reproches ou de la culpabiliser quand vous lui parlez des effets que la violence faite aux femmes peut avoir sur les enfants.

Il peut être utile de réfléchir avec la mère à d’éventuels moyens d’atténuer l’impact négatif sur les enfants. Vous pourriez aborder les points suivants lorsque vous discutez avec elle :

  • Souligner qu’il est essentiel de fournir aux enfants la possibilité d’exprimer leurs sentiments en toute sécurité. Lui expliquer qu’elle pourrait essayer de leur donner des exemples de différents sentiments (le bonheur, la tristesse, la frustration, la peur, etc.), des moyens appropriés d’exprimer ces sentiments, ainsi que des méthodes permettant de les reconnaître chez les autres.
  • Employer des mots neutres en parlant du comportement de ses enfants et non des mots qui portent un jugement, comme « bon », « mauvais », « pas gentil », etc.
  • Insister sur l’importance d’établir un plan de sécurité pour elle et pour ses enfants.
  • Lui suggérer de donner certaines responsabilités aux enfants. La possibilité de faire des choix et prendre une décision renforce leur estime de soi et leur sentiment de maîtriser la situation.
  • Lui suggérer de ne pas diaboliser ou critiquer le parent agresseur. Ceci peut troubler les enfants et leur donner l’impression de manquer de loyauté.

Comment parler à une collègue qui est peutêtre victime de violence

Documents à distribuer et matériel de promotion pertinents :

    • Brochures
  • Planification de la sécurité pour les femmes victimes de violence
  • Comment identifier et aider les femmes qui risquent de devenir victimes de violence
    • Livret
  • Comprendre la violence faite aux femmes
    • Cartes de sécurité
  • Suggestions pour la planification de la sécurité à l’intention des femmes victimes de violence
  • Signes avertisseurs permettant d’identifier et d’aider les femmes qui risquent de devenir victimes de violence
  • Affiche
  • Signet

Résultats de cette stratégie :

  • Meilleure connaissance de la façon d’aider des collègues.
  • Aptitude à localiser les ressources et les fournisseurs de services locaux.

La violence faite aux femmes ne se produit pas uniquement à la maison. Elle peut parfois continuer sur le lieu de travail. Une de vos amies ou de vos collègues est peut-être victime de violence.

Q. Je ne connais pas bien ma collègue en dehors du bureau. Quels sont les signes qui peuvent m’indiquer qu’elle est peut-être victime de violence?

R. Votre collègue a peut-être souvent des ecchymoses qu’elle n’explique pas, ou qu’elle explique sans vous convaincre. Elle peut être distraite, avoir du mal à se concentrer, multiplier les absences au travail, recevoir souvent des appels qui la perturbent. Ces signes pourraient indiquer qu’elle n’est pas en sécurité chez elle. Pour en savoir plus sur les signes avertisseurs, consulter la brochureComment identifier et aider les femmes qui risquent de devenir victimes de violence et la carte de sécurité Signes avertisseurs permettant d’identifier et d’aider les femmes qui risquent de devenir victimes de violence.

Q. J’ai la possibilité de lui parler loin de l’agresseur. Comment puis-je proposer mon aide?

R. Voici certaines des choses que vous pourriez faire :

  • Lui faire comprendre qu’elle peut vous parler de ses problèmes familiaux en toute sécurité.
  • Lui donner les numéros de téléphone de Femaide, de maisons d’hébergement et d’autres services communautaires locaux.
  • Vous assurer qu’elle sait comment enregistrer et conserver tout message électronique ou téléphonique menaçant qu’elle reçoit sur son lieu de travail. Ces documents pourront lui être utiles si elle décide par la suite d’entamer une procédure judiciaire. Si elle a déjà obtenu une ordonnance de non-communication, les messages pourront servir à prouver l’infraction à la loi.
  • Lui proposer de filtrer ses appels ou ses courriels pour qu’elle n’ait plus à communiquer avec l’agresseur.
  • Placer des cartes de sécurité dans les toilettes pour femmes ou les salles du personnel, où elles pourront être prises de manière anonyme. Les cartes énumèrent les signes avertisseurs pouvant indiquer qu’une personne est victime de violence ou auteur d’actes de violence. Elles donnent aussi des renseignements sur la planification de la sécurité.
  • Vérifier la politique de votre entreprise : est-ce que l’aide en cas de violence faite aux femmes est offerte par le biais de votre Programme d’aide aux employés? Ces programmes devraient fournir une liste des services de soutien locaux.
  • Lui suggérer de se garer près de l’entrée de l’immeuble. Lui demander d’envisager de prévenir le personnel de la sécurité si elle craint d’être agressée sur le lieu de travail.